Résultats du Grand Concours Floral Interflora et interview de Stéphane Chanteloube


Les épreuves de la Coupe Espoir National Interflora et de la sélection France pour la Coupe du Monde des Fleuristes ont eu lieu les 22 et 23 octobre derniers au Château de Chenonceau.

Sous les yeux des spectateurs venus en nombre, Cedric Exare a été sacré Meilleur Espoir 2022, Raphaël Da Silva termine deuxième et Aline Verdin vient compléter ce podium.

Côté Sélection pour la Coupe du Monde, ils étaient 4 Meilleurs Ouvrier de France à s’affronter pour tenter de décrocher leur place pour la prochaine édition.


Au terme d’une journée riche en émotions et en créativité, c’est Stéphane Chanteloube, déjà sacré Meilleur Fleuriste de France, qui a été choisi pour représenter la France à la prochaine Coupe du Monde des Fleuristes à Manchester. Il a su convaincre un jury de professionnels reconnus présidé par Gilles Pothier, champion du Monde des Fleuristes en 1997.


Stéphane Chanteloube a accepté de répondre à nos questions. Découvrez en exclusivité ses premières impressions et son état d’esprit quant à sa première participation à une compétition internationale !


Le 22 et 23 octobre derniers vous avez participé au Grand Concours Floral Interflora qui avait lieu au Château de Chenonceau. Comment avez-vous abordé la compétition ? Avez-vous eu la même préparation mentale que pour vos précédentes participations à des concours ?


Pas du tout. Bien sûr, je m’étais préparé car nous avions deux sujets qui impliquaient un travail préalable mais j’étais surtout venu pour participer. Pour les Meilleurs Ouvriers de France, c’était différent car je savais où j’allais et ce que je voulais obtenir. Là, je ne cherchais pas, au départ, forcément à gagner le concours car j’ai déjà beaucoup d’autres projets prévus en 2023. Ce qui me laissait penser que je ne pourrais pas tout faire. Je me suis donc dit que ce concours-là n’était pas nécessairement pour moi.


Évidemment j’ai préparé mes sujets sérieusement. Je ne voulais pas décevoir Gilles Pothier et toute l’équipe. On s’est donc préparé, on a monté toutes les structures et quand j’ai fini ma table, j’ai senti que la niaque des concours m’avait néanmoins repris. La machine était relancée. Mais je suis parti à ce concours sans stress. Alors qu’avant de participer à la Coupe de France et aux MOF, il y avait eu des nuits très courtes à longuement réfléchir.


Lors de ce concours, quel a été le moment le plus marquant pour vous ? Le plus stressant ?


Je n’ai ressenti aucun stress, mon équipe était là et le déchargement s’est bien passé. Tout était bien cadré, la structure n’a pas bougé pendant le transport. Il n’y avait donc pas de stress à avoir. Ce qui permet de mieux travailler.


Le moment le plus marquant pour moi a été l’annonce des résultats. On s‘est retrouvés sur l’esplanade du château où étaient réunis la plupart des grands fleuristes français, les jeunes et les plus expérimentés. On doit beaucoup de choses à ces anciens artisans fleuristes. J’ai été ému lorsque Gilles Pothier a annoncé les résultats et qu’ils m’ont remis le flambeau avec Jean-Michel Mertens, les seuls champions du monde français. Car ce bouquet était plus ou moins une passation de flambeau. C’était très émouvant car ils restent des idoles de mon enfance.


Comme ils me l’ont dit, c’est maintenant moi qui prends le relais et cela me fait tout drôle. Car j’ai vu Jean-Michel Mertens et Gilles Pothier en démonstration quand j’ai démarré il y a 30 ans et je les revois aujourd’hui m’embrasser et, la larme à l’œil, ils me remettent ce flambeau. Cela secoue.


En 2023, vous allez représenter la France à la Coupe du Monde des Fleuristes à Manchester. Dans quel état d’esprit êtes-vous ?


Aujourd’hui, l’état d’esprit n’est pas le même. Quand on travaille pour la Coupe de France et le Concours du Meilleur Ouvrier de France, on travaille pour nous personnellement, on travaille pour s’illustrer dans un concours. Les Meilleurs Ouvriers de France, c’est un aboutissement dans ma carrière. Là, ce n’est pas la même chose je pars en Coupe du Monde à l’étranger, je représente la France, nos valeurs, la région, la profession.

Je reste les pieds sur terre mais ce n’est pas le même départ. Ils m’ont remis ce flambeau. Il faut donc tout faire pour aller chercher cette victoire car la coupe n’est pas revenue en France depuis 1997. Il va falloir travailler pour représenter fièrement le pays.


Champion de France en 2011, Meilleur Ouvrier de France en 2019, vous êtes maintenant le lauréat du Grand Concours Floral Interflora qui vous permet d’accéder à la Coupe du Monde des Fleuristes. D’où vous vient cette soif des concours ?


Ce qui me motive, c’est que les concours sont, avant tout, une aventure humaine. C’est dans les concours que j’ai connu beaucoup d’artisans fleuristes car forcément lorsque chacun est dans sa région, il est difficile de se rencontrer et de partager des moments qui rapprochent humainement. Alors qu’on gagne ou pas, on ressort toujours des concours avec un enrichissement fait de nouvelles rencontres et connaissances. Sans les concours organisés par la Fédération ou Interflora, je n’aurais jamais pu connaitre les artisans fleuristes qui participent à ces concours. La plupart du temps, on se prépare aussi avec d’autres fleuristes.


Après, il y a le dépassement. Quand on est dans notre boutique, il y a bien entendu de gros événements. Mais, au bout d’un moment, on est dans une forme de routine. L’avantage des concours, c’est qu’on se surpasse, on va chercher plus loin. C’est ce qui fait avancer le métier. On a besoin de ces concours.


Vous êtes un exemple de réussite et de persévérance pour les jeunes générations d’artisans fleuristes. Si vous deviez faire passer un seul message à tous ces jeunes fleuristes qui souhaitent eux aussi s’illustrer dans des concours, quel serait-il ?


La motivation et la passion du métier. Il y a des jeunes artisans fleuristes qui arrivent et qui sont très motivés par le métier. Je veux d’ailleurs qu’ils viennent avec moi à la Coupe du Monde pour m’aider car ils représentent la relève de demain.


Il faut de la persévérance car rien ne tombe du ciel. Gilles Pothier me l’a dit un jour : « quand on part au Meilleur Ouvrier de France ou à la Coupe de France, on n’y va pas parce que c’est le vendredi 13 et que c’est la journée de la chance. On y va car il y a du travail derrière. » C’est une parole très juste, on ne se présente pas à un concours par chance, on y va car on a fait le job.


Si vous ne deviez retenir qu’un seul moment dans toute votre carrière quel serait-il ?


Par rapport aux concours, c’est la remise de ce flambeau avec Gilles Pothier et Jean-Michel Mertens. Cela m’a énormément touché. Je crois que cela ne s’est jamais fait sur un éliminatoire de Coupe du Monde. Il y avait Gilles Pothier, Jean-Michel Mertens mais aussi Roger Blumstein et énormément d’artisans fleuristes expérimentés qui étaient présents. Cela m’a énormément ému.

J’ai aussi été très ému quand mon nom a été annoncé pour les Meilleurs Ouvriers de France car c’était un aboutissement.


Quel est votre attachement à la F.F.A.F. et quel est votre engagement personnel et professionnel par rapport à la profession ?


J’ai toujours été « Fédé » puisque j’ai œuvré pendant quelques années pour la Fédération. Comme je dis souvent, quand la Fédération a besoin de moi je réponds le plus rapidement possible et j’essaye de me rendre disponible. Je resterai toujours « Fédé » car il faut défendre nos valeurs !


Merci à Stéphane Chanteloube d’avoir pris le temps de répondre à nos questions et l’ensemble de la Fédération Française des Artisans Fleuristes lui souhaite bonne chance pour la Coupe du Monde !

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