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Emeric Labat, médaillé de bronze de la finale internationale des Worldskills



Suite et fin de notre dossier sur la dernière finale internationale des Worldskills.

Alors que la 46ème finale internationale WorldSkills devait se tenir à Shanghai, la compétition a dû être annulée en raison de la crise sanitaire. Les finales de chaque métier en compétition ont donc été accueillies par différents pays. Du 20 au 23 octobre derniers, c’est à Helsinki, en Finlande, qu’Emeric Labat a excellé dans les épreuves d’Art Floral et a décroché une belle troisième place mondiale. La compétition WorldSkills est une course d’endurance de plusieurs mois pour espérer atteindre une finale européenne ou mondiale.


Bien plus qu’une maitrise technique et créative, la compétition WorldSkills demande un entraînement complet avec une préparation physique et mentale, en plus des entrainements techniques. Emeric Labat, troisième mondial, a accepté de répondre à toutes nos questions !


Pourquoi avoir participé à la compétition WorldSkills ?


J’ai participé à la compétition car j’adore le challenge. C’est quelque chose qui m’anime. J’avais besoin d’aller encore plus loin dans mon niveau d’art floral et de me donner le plus gros challenge : concourir au Mondial.


La compétition WorldSkills c’est la plus grande compétition internationale des métiers. Elle fonctionne en 3 étapes en France, avec une première sélection régionale, puis nationale, avant de pouvoir prétendre à une compétition internationale. La médaille d’or concours pour la finale internationale ; la médaille d’argent participe à la finale européenne.

Je devais aller à Shanghai mais cela a été annulé pour cause de Covid. On a eu la chance que WorldSkills International trouve finalement la meilleure des solutions : répartir tous les métiers dans différents pays, pour la plupart européens.


Je suis allé en Finlande. Cela a chamboulé tous mes entrainements, j’ai dû les retravailler pour les réorienter vers un style plus nordique. On ne savait pas du tout sur quoi on allait tomber, on est un des seuls métiers où l’on ne connait pas nos sujets à l’avance.


Vous venez de remporter la troisième place de la finale mondiale des WorldSkills. Quel est votre ressenti après ce concours international ?


C’est très gratifiant. Sur le coup, tout compétiteur veut la médaille d’or. On est tous pareils. Je ne vous cache pas que, quand on vous appelle en premier, il y a une petite partie de soi qui est déçue. Mais cela s’est vite dissipé dès le moment où j’ai attrapé mon drapeau et que je savais que j’allais monter sur le podium pour représenter la France à l’international et obtenir une belle troisième place !


J’ai pris du plaisir à monter sur ce podium. Je n’ai aucun regret. J’ai ressenti une énorme fierté d’être là, sur ce podium international.


Quel a été le moment le plus marquant pour vous dans ce concours ? Et le plus déstabilisant ?


Pour moi, le moment le plus marquant, c’est la joie dans les yeux de mon expert, Jean-Philippe FRITZ, à la fin de chacune de mes épreuves. On a vraiment créé un lien avec Jean-Philippe qui a fait la différence dans mon concours. C’est pareil pour ma coach Stéphanie CERVO, j’avais un lien extraordinaire avec elle. J’avais entièrement confiance en eux.


Quand on sort de notre box, la première personne que l’on voit c’est notre expert. La première question que je lui ai posée c’est « Alors, qu’est-ce que vous en pensez ? ». Il y avait des épreuves où je le voyais sauter de joie. C’est ce regard, cette fierté qu’il avait pour moi, c’est cela qui m’a vraiment marqué.


L’attente des résultats a été le moment le plus déstabilisant. On est tous là à attendre, tout est remis à zéro.


Médaillé de bronze à l’Oscar des Jeunes Fleuristes, médaillé d’or aux Olympiades Régionales, champion de France WorldSkills et maintenant troisième lors de la finale mondiale ! Quel est votre prochain objectif ? Avez-vous une autre participation à un concours de prévue ?


Prochain objectif : on verra bien ! Pour les concours, il y a un concours français auquel je participerai, cette année ou l’année prochaine, c’est la Coupe de France organisée par la Fédération. Il faut y participer, c’est une belle image pour la France et l’art floral français.


Bien sûr que dans une dizaine d’années, je participerai aux Meilleurs Ouvriers de France. Pour moi, le graal c’est de participer à ce concours et d’essayer d’obtenir ce titre de Meilleur Ouvrier de France. Ce serait une fierté de pouvoir transmettre ma passion et d’être distingué parmi l’art floral français. C’est gratifiant. C’est le titre le plus reconnu en France.


Vous êtes coaché par Stéphanie CERVO et conseillé par l’expert métier Jean-Philippe FRITZ, quels ont été leurs conseils les plus précieux ?


Ma coach est mon ancienne professeure. J’ai fait un BTM à Poitiers, elle a continué de m’entrainer après mes études. On a planifié des entrainements. Je suis passé par tous les entrainements possibles. Il faut savoir faire du tout petit comme du très grand. Avec Stéphanie, on s’est posé la question de savoir ce qu’on allait chercher aux nationales puis à l’international.

C’est à ce moment-là que j’ai créé mon équipe métier : entre Stéphanie CERVO et mon expert métier, Jean-Philippe FRITZ, qui est devenu dirigeant de mes entrainements. Ils étaient tous les deux complémentaires l’un de l’autre.


Avec Jean-Philippe, j’étudiais plutôt la recherche de textures, de formes et de mouvements. Il avait vraiment le rôle de me faire découvrir le concours international. Stéphanie devait me faire sortir de ma zone de confort. Elle a su me mettre dans les conditions types de la compétition et elle a réussi à me faire prendre confiance en moi.

Jean-Philippe m’a poussé plus dans le détail du placement, de l’équilibre, des attaches et des finitions. A l’international, ce qui est très important c’est la composition du sujet.


Juste avant que je parte de France, Stéphanie m’a dit « Fais toi plaisir, donne tout et montre leur qui tu es ! ». Jean-Philippe c’était vraiment « Fais toi plaisir », à chaque début d’épreuve il me répétait « Ne t’inquiète pas, j’ai confiance, tu vas tout déchirer ». Ce genre de discours ne peut que booster au début d’une épreuve. Si lui a confiance en moi, il faut que j’y aille. L’équipe métier ça a été une chance de pouvoir avoir ce genre de personnes autour de moi.


Aimeriez-vous, un jour, devenir vous aussi expert métier Art Floral pour accompagner de jeunes artisans fleuristes dans les concours WorldSkills ?


Expert-métier pas de suite ! Pour la prochaine compétition, je vais devenir coach national. Je serai jury et j’accompagnerai la candidate Nouvelle-Aquitaine à la finale nationale qui aura lieu à Lyon.


Enfin, quels seraient vos conseils pour tous les artisans fleuristes qui voudraient participer à la compétition WorldSkills ?


Tout d’abord, j’aimerais que l’on parle plus du concours WorldSkills car la France va accueillir le concours international à Lyon en 2024. Il serait bien que les fleuristes français se déplacent pour se rendre compte de l’impact que cela pourrait avoir sur la carrière d’un apprenti et l’image de leur entreprise. Il y a une valorisation du métier français et le fait que le candidat puisse aller à l’international ou aux européennes pour aller chercher de nouvelles façons de faire.


Pour moi, c’est vraiment important de le souligner. Je trouve qu’en France, on n’en parle pas assez de ce concours. Pourtant, il est très valorisant et permet de prendre confiance en soi.

Le message que je ferais passer au prochain candidat pour la France, c’est de tout donner, d’aller au bout de son épreuve et de prendre du plaisir.

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